Une Païenne avec une foi sans faille

   Une Païenne avec une foi sans faille...

          (Matthieu 15:21-28; Marc 7:24-30)

               Par Rosie Siogli   

 

               Les textes qui précèdent le récit concernant la femme cananéenne nous montrent le Seigneur Jésus en “activité intense”; le temps qu’Il passait à enseigner, à soulager ou a guérir les gens n’était pas limité à un nombre d’heures, par jour ou par semaine, comme pour les serviteurs de Dieu de nos jours.

 

                Le chapitre 14 annonce la mort de Jean-Baptiste et nous apprend que Jésus, en entendant la nouvelle, se retira à l’écart, en barque, dans un endroit désert; sûrement pour y rencontrer son Père par la prière. Il est certain que le Seigneur a du être ému du martyre de Jean-Baptiste qui était à peine plus âgé que lui (6 mois); de plus, c’était un parent, sa mère et la mère de Jean étant cousines; enfants, sans doute eurent-ils l’occasion de se rencontrer. Plus tard, c’est Jean qui annonça la venue de Jésus et qui le baptisa dans le Jourdain; bien des liens et des souvenirs les unissaient. Nous sommes dans la peine quand un ami nous quitte; Jésus, “l’Ami” suprême, ne pouvait rester insensible à la mort de Jean... Il avait besoin de s’éloigner et de se retirer loin de la foule, tout comme nous, quand, accablés par la disparition d’un être aimé, nous cherchons réfuge auprès du Père céleste...

                  Mais la foule, ayant appris qu’Il était parti, Le suivit; et, quand Il quitta la barque, une foule nombreuse l’attendait. Le Divin Serviteur laissa sa propre peine pour guérir, pour enseigner, pour s’occuper de ceux qui étaient en face de Lui et, ensuite, les nourrir. Et ce fut le miracle des cinq pains et deux poissons...

                   Ayant rassasié tout le monde, Il donna l’ordre aux disciples de monter dans la barque, pour Le précéder de l’autre côté du lac, pendant que Lui, Il renvoyait la foule. Quand tout le monde se fut dispersé Il gravit la colline pour prier à l’écart. Enfin, Il put s’occuper de ses propres besoins par le réconfort de son Père, dans la prière...

                   Ensuite, Il rejoignit les disciples dans la barque, et ce fut le miracle de Sa marche sur l’eau, où Pierre, allant à Sa rencontre, manqua de se noyer parce qu’il avait tourné les yeux vers les vagues au lieu de les garder fixés sur Jésus; heureusement, Jésus lui tendit la main, et le saisit... Ils montèrent tous deux dans la barque, et le vent tomba. Après avoir traversé le lac, ils touchèrent terre à Génésareth. Quand les habitants du lieu eurent reconnu Jésus, ils firent prévenir le voisinage, et on Lui amena tous les malades... et ce fut la guérison de tous ceux qui demandèrent à toucher simplement la frange de son vêtement.     

                    Rappelons-nous la femme qui, ayant touché son vêtement, fut guérie; la Parole dit que Jésus ressentit une force sortir de Lui; je pense que ce fut pareil lors de ces guérisons; une décharge spirituelle sortit du Grand Médecin pour que la guérison pût avoir lieu. Encore, et comme toujours, Il donnait de Sa Personne, de son Etre, pour ceux qui s’approchaient de Lui.

                    Après l’annonce du décès de Jean, Il donna un enseignement spirituel qui précédait un repas pour 5.000 personnes (sans compter les femmes et les enfants), suivi de l’entretien de prière avec son Père et de la traversée du lac face à un vent contraire; puis, arrivé à terre, au lieu de profiter d’un repos bien mérité, Il offrit encore Sa Personne pour guérir tous ceux qui avaient de foi pour s’approcher de Lui afin de toucher son vêtement!

                   Allait-Il enfin jouir d’un peu de répit? Hélas non, car les religieux – Pharisiens et Docteurs de la Loi – L’attendaient, pour Lui poser des questions et faire des commentaires sur les rîtes et les traditions Juives, avec l’espoir de L’éprouver par les réponses qu’Il leur donnerait. Ensuite, Il parla encore à la foule avant de rentrer “à la maison” avec les disciples qui, à leur tour, voulaient des explications sur les choses qu’Il avait déclarées; et Jésus les leur donna...

                   Puis Jésus partit de là et se rendit, avec eux, dans la région de Tyr et de Sidon. Quitta-t-Il cet endroit pour chercher un endroit plus calme pour se détendre et pour avoir une communion plus étroite avec ses disciples? Les textes ne le disent pas; mais nous pouvons déduire qu’Il passa la frontière pour une raison bien déterminée; Jésus n’a jamais agi sans raison. Sa renomée était moindre dans la région qu’Il choisit. La foule ne L’attendait pas, mais Lui savait que quelqu’un dans ce pays étranger avait besoin de son aide. Il n’a rencontré qu’une seule personne pendant son court séjour dans cette région “hors-frontière”, et je crois que cela faisait partie du plan divin de Dieu.

                    Jésus ne pouvait demeurer “incognito”, “caché”, car les, nouvelles de sa venue étaient arrivées à l’oreille d’une pauvre maman non-juive, donc une païenne, qui avait entendu “parler” de Jésus et qui ne savait de Lui que ce qu’on lui en avait dit. Nous ne connaissons pas son nom, ni celui de sa fille.

                     Nous savons seulement qu’elle était convaincue que seul Jésus pouvait secourir sa fille et elle était déterminée qu’Il intervienne, pour chasser le démon qui tourmentait son enfant. Elle fit tout ce qu’elle pouvait pour ne pas rater la rencontre avec Celui qui pouvait répondre au plus grand désir de son coeur.

                      Elle fut la seule personne de la contrée à se déplacer pour voir Jésus ce jour-là. Et elle ne perdit pas une seconde pour Lui exposer sa requête qui fut courte mais explicite, composée de trois éléments:

1)   La demande: “Aîe, pitié de moi.”

2)  La reconnaissance de sa divinité: “O Seigneur, Fils de David.” Ce titre royal exprimait que, pour elle, Jésus seul, Fils de Dieu, avait le pouvoir de délivrer sa fille du démon.

3)   Sa déclaration: “Ma fille est tourmentée terriblement par un démon.” Cette femme n’a pas gaspillé des mots pour exprimer l’épreuve si lourde qui, par son ombre, obscurcissait son foyer. Un langage éloquent et des phrases “recherchées” ne sont pas indispensables pour présenter nos besoins au Seigneur. Le cri sincère du coeur suffit.

                         Matthieu explique que cette femme s’approcha de Lui et se mit à crier; et que Jésus ne lui répondit pas un mot. Ne l’avait-il-pas entendue? Etait-il sourd à son appel au sécours? Les disciples, eux, l’avaient entendue, et vinrent vers Jésus pour lui dire de la renvoyer, parce qu’elle ne cessait de les “importuner” avec ses cris. Les disciples eurent cette attitude plus d’une fois pendant le Ministère du Seigneur sur la terre; déjà, avant le miracle des cinq pains et deux poissons; ils avaient invité Jésus à renvoyer la foule; ils avaient fait des reproches aux gens qui avaient amené leurs petits enfants pour qu’Il pose Ses Mains sur eux. Il ne fallait pas “déranger” le Maître. En réalité, ils ne voulaient pas eux-mêmes être privés; ils voulaient garder le Seigneur en exclusivité. N’agissons-nous pas souvent de la même manière? Ne préférons-nous pas rester “entre nous” avec le Seigneur, sans que les “gens de dehors” viennent gêner notre vie avec Lui? Pardon Seigneur, de notre égo-centrisme, si contraire à ce que Ta Vie nous enseigne!

                          Marc nous dit que Jésus, ne voulait pas que “les gens” sachent qu’Il était là, entra dans une maison. Derrière Lui, cette femme suivait; s’il ne voulait pas s’occuper d’elle, Il Lui était facile de fermer la porte pour rester seul avec les disciples. Il ne le fit pas, puisqu’elle put venir se prosterner devant Lui en Le suppliant de chasser le démon qui tourmentait sa fille. C’est à ce moment-là que Jésus y fut attentif. Il avait répondu auparavant, aux disciples qui lui avaient demandé de renvoyer cette femme qui criait, que Sa mission était pour “les brebis perdues d’Israël”. A l’intérieur de la maison, Il declara à cette femme qu’il fallait d’abord rassasier les enfants de la maison, car il ne serait pas convenable de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens. Ces paroles peuvent paraître dures; en réalité, le Seigneur donnait à la cananéenne l’opportunité de faire une confession de foi extraordinaire. Elle répondit humblement que cela était vrai, mais en ajoutant que les petits chiens qui sont sous la table mangent les miettes que laissent tomber les enfants; elle avoua par ces paroles qu’elle n’avait aucun droit et qu’elle ne voulait rien prendre qui appartînt “aux enfants de la maison”; pour elle, “une miette”, (un mot du Maître de la Maison) lui suffisait. Alors Jésus dit: “O femme, ta foi est grande! Qu’il en soit fait comme tu veux!” Et elle rentra chez elle pour trouver son enfant reposant sur le lit: le démon était parti car Jésus avait répondu à sa supplication. Elle n’avait plus rien demandé et avait cru à Sa réponse avant de rentrer chez elle, tout à fait sûre que sa prière avait été entendue...

                       Elle était partie pour rencontrer Jésus en vue de Lui exposer sa requête; elle rentra donc chez elle avec la certitude que ce que Sa bouche avait dit, Sa main l’accomplirait.

                       “Or la foi, comme l’explique l’épitre aux Hébreux (11/1), c’est l’assurance des choses qu’on espère, la démonstration de celles qu’on ne voit pas”; car à partir du moment ou l’on “voit” ces choses, ce n’est plus de la “foi”, mais une “constatation”.

 

Note: Rosie Siogli, notre écrivain invité, est membre et ancienne de l’Eglise Protestante Baptiste de Nice, en France.